Combien gagne réellement un freelance après les charges ?
Beaucoup de freelances se posent la même question au moment de fixer leur tarif : quel sera vraiment mon revenu une fois les charges, impôts et frais déduits ? Le chiffre d’affaires ne représente jamais le revenu réel, et c’est précisément cette différence qui crée des illusions, surtout lors des premières années d’activité. Dans cet article, on va détailler point par point ce qui influence le net final, en prenant en compte les particularités des statuts (micro-entreprise, SASU, portage salarial) et les calculs concrets de revenu véritable selon différents niveaux de chiffre d’affaires.
Chiffre d’affaires, brut, net : les bases à connaître
Ce que représente réellement le chiffre d’affaires
Le chiffre d’affaires est fréquemment interprété comme un “salaire potentiel”, mais il ne s’agit que du montant facturé aux clients. Il ne reflète ni les charges à payer, ni les impôts, ni les frais professionnels. Un freelance qui réalise 6 000 € de chiffre d’affaires ne gagne pas 6 000 € : il dispose uniquement d’une base de calcul correspondant à ses revenus avant déductions. Cette confusion est l’une des causes principales des erreurs d’estimation du revenu réel chez les indépendants.
La différence entre brut et net selon les statuts
Le passage du brut au net varie fortement selon le statut juridique. En micro-entreprise, les cotisations sont calculées sur un pourcentage fixe du chiffre d’affaires, sans possibilité de déduire des frais réels. À l’inverse, en SASU, le dirigeant peut optimiser son revenu entre salaire et dividendes, au prix d’une structure plus complexe. En portage salarial, les charges sont prélevées automatiquement, après déduction des frais de gestion. Chaque statut implique donc une mécanique différente qui transforme une somme brute en revenu net utilisable.
Pourquoi beaucoup de freelances surestiment leur revenu
Le décalage entre perception et réalité vient du fait que de nombreux indépendants calculent leur revenu “à la louche”, sans intégrer les coûts cachés. Manque d’anticipation des impôts, sous-estimation des charges sociales, oubli des dépenses professionnelles, tout cela fausse l’équation. C’est précisément pour cette raison que des outils comme un simulateur freelance brut net sont indispensables pour éviter les mauvaises surprises.
Les charges à déduire pour connaître son vrai revenu
Charges sociales : micro-entreprise, SASU, portage salarial
Les charges sociales représentent la principale dépense d’un freelance. En micro-entreprise, elles tournent autour de 21 à 23 % du chiffre d’affaires pour les prestations de service. En SASU, elles sont plus élevées si le dirigeant se verse un salaire, mais peuvent être allégées via les dividendes. En portage salarial, les charges totales (cotisations + frais de gestion) représentent souvent 45 à 55 % du chiffre facturé. Ces proportions expliquent pourquoi deux freelances avec le même chiffre d’affaires peuvent avoir un revenu net très différent.
Impôts : IR, IS, acomptes, CFE…
Les impôts complètent les charges obligatoires. Selon le statut, vous serez soumis à l’impôt sur le revenu (micro, SASU à l’IR), à l’impôt sur les sociétés (SASU à l’IS), voire aux deux selon vos choix. À cela s’ajoutent les acomptes obligatoires, recalculés chaque année, ainsi que la cotisation foncière des entreprises (CFE), souvent oubliée lors des estimations de revenus. Le résultat final dépend donc non seulement de vos revenus, mais également des options fiscales choisies.
Les frais professionnels et leurs impacts sur le net final
Les frais professionnels incluent tout ce qui permet d’exercer son activité : matériel informatique, logiciels, coworking, assurances, déplacements, formations. En micro-entreprise, ils ne sont pas déductibles. En SASU ou en portage salarial, ils réduisent la base de calcul des charges. De bons arbitrages peuvent donc améliorer significativement le revenu net, à condition d’avoir une structure qui permet leur déduction.
Revenu réel en fonction du statut juridique
Micro-entreprise : ce qu’il reste après les cotisations forfaitaires
En micro-entreprise, le net dépend directement du chiffre d’affaires. Une fois les cotisations forfaitaires retirées, la part réellement utilisable varie entre 65 et 75 %. Ce statut est très simple, mais offre peu d’optimisation. Il devient moins intéressant dès que le freelance a beaucoup de frais ou qu’il dépasse les seuils de chiffre d’affaires.
SASU : salaire, dividendes et cotisations
La SASU séduit par sa flexibilité. Le dirigeant peut choisir entre salaire (soumis à cotisations) et dividendes (moins chargés mais taxés autrement). Cette liberté permet d’ajuster finement son revenu réel, mais nécessite une gestion rigoureuse. C’est un statut intéressant pour les freelances à forte valeur ajoutée ou avec des dépenses importantes.
Portage salarial : net après frais de gestion
Le portage salarial offre le confort d’un statut salarié, au prix de charges plus lourdes. Le net dépend du taux de frais de gestion (5 à 10 % en général), auxquels s’ajoutent les cotisations patronales et salariales. Ce statut convient aux freelances souhaitant déléguer l’administratif, mais implique un revenu net plus faible à chiffre d’affaires égal.
Exemples concrets de calcul de revenu net
Exemples basés sur 3 niveaux de CA : 4 000 €, 6 000 €, 8 000 €
Pour 4 000 € de chiffre d’affaires, un micro-entrepreneur conservera environ 2 900 €, une SASU autour de 2 600 à 2 800 € selon arbitrages, et un salarié porté environ 2 200 €. Avec 6 000 €, la différence s’amplifie : environ 4 350 € en micro, 3 800 à 4 200 € en SASU, 3 200 € en portage. À 8 000 €, le micro atteint environ 5 800 €, la SASU entre 5 200 et 5 700 €, le portage environ 4 300 €. Ces ordres de grandeur montrent bien l’influence du statut sur le net final.
Comparaison directe micro vs SASU vs portage
La micro-entreprise maximise le net immédiat mais limite les optimisations. La SASU offre le meilleur rapport optimisation/structure, mais demande plus de rigueur. Le portage reste le plus coûteux, mais propose le plus haut niveau de sécurité. En réalité, aucun statut n’est “meilleur” : tout dépend des besoins du freelance, de ses charges et de sa stratégie de rémunération.
Ce que vous gagnez réellement en fin de mois
Une fois les charges et impôts pris en compte, le revenu net stable d’un freelance se situe généralement entre 45 % et 70 % de son chiffre d’affaires. Cette fourchette large illustre l’importance de simuler précisément son revenu avant de fixer son tarif journalier ou mensualisé. Une bonne compréhension du net final permet d’éviter les erreurs de débutants, comme sous-évaluer son TJM pour “être compétitif”.
Simuler son revenu net pour obtenir une estimation précise
Pourquoi utiliser un simulateur freelance brut net
Un simulateur permet de visualiser rapidement ce qu’il reste réellement en fonction du statut, du chiffre d’affaires et des frais. C’est un outil essentiel pour éviter les approximations et anticiper les obligations fiscales. Le calcul manuel étant complexe, s’appuyer sur un simulateur fiable garantit une estimation plus juste du net final.
Tester plusieurs scénarios selon son CA et ses charges
Simuler différents niveaux de chiffre d’affaires ou de frais permet d’adapter son organisation. Un freelance peut ainsi anticiper les “seuils critiques” où il devient plus rentable de changer de statut, d’investir dans du matériel ou d’adopter une meilleure stratégie de rémunération. Tester plusieurs cas évite aussi de mauvaises surprises en fin d’année.
Anticiper son salaire net avant de fixer son TJM
Le TJM ne doit jamais être fixé au hasard. Pour déterminer un tarif cohérent, il faut partir du revenu souhaité, ajouter les charges et intégrer les jours non facturables (prospection, formation, congés). En utilisant un simulateur, on peut établir un TJM précis et réaliste, basé sur une compréhension claire de son revenu net mensuel.
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